village
qu’as-tu à raconter dans le jardin,
le mur de pierre garde les noms,
qu’as-tu à promener dans les allées,
les cyprès projettent les ombres,
le village dans le silence tient tête à la chaleur,
il ne dit rien de tes pas qui soulèvent la poussière,
tu ne parles pas,
tu lis les noms,
qu’as-tu à trouver dans ces souvenirs,
tu repars, le regard ailleurs,
ta voix est pleine des prénoms d’ici,
les cyprès projettent les ombres sur le banc,
y laisseras-tu tes pensées,
qu’emportes-tu de ce silence,
étranger à ces vies qui se racontent et se cachent à l’ombre des cyprès,
la poussière te suit jusqu’au bout du chemin,
des pas te ramènent à la vie,
il te faudra quitter le village, le jardin, la pierre, les allées, les ombres, la chaleur et le silence des cyprès,
il te faudra retourner à ton pays,
qu’as-tu à raconter,
ton prénom n’est pas d’ici.